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DARES Analyses – L’engagement syndical

Dans sa dernière enquête n°015 de mars 2017, la DARES s’est intéressé à l’engagement syndical des salariés et à son évolution.

Selon des chiffres de 2013, seuls 11 % des salariés âgés de 18 à 65 ans déclarent adhérer à une organisation syndicale et parmi eux, seuls 30 % déclarent participer régulièrement à des activités syndicales alors la moitié se considèrent comme de « simples adhérents » et déclarent n’avoir jamais ou rarement participé à des activités syndicales au cours des 12 derniers mois.

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Profil du syndiqué

Les hommes et les salariés de plus de 40 ans sont plus souvent syndiqués.

Les cadres et les professions intermédiaires sont également plus souvent syndiqués que les ouvriers qui ne représentent que 1/5ème  des effectifs de syndiqués alors qu’ils représentent 25 % de la population salariée.

Le niveau de diplôme des salariés adhérents à une organisation syndicale est plus important que le niveau général des salariés puisque 43 % ont plus que le baccalauréat contre 38 % des salariés.

Parmi les salariés syndiqués les plus engagés, ceux de 50 ans ou plus en représentent presque la moitié (46 %).

Tableau 2

Secteur marchand / fonction publique

Selon l’étude menée par la DARES, le taux de syndicalisation est plus faible dans le secteur privé que dans la fonction publique. Pourtant, la présence des syndicats dans les entreprises est importante puisqu’en 2013, 59 % des salariés signalaient la présence de syndicats au sein de leurs entreprises et 43 % au sein même de leur établissement ou de leur lieu de travail.

La Dares révèle un lien très fort entre la présence d’un syndicat dans l’entreprise et la démarche de se syndiquer puisque pour 90 % des salariés syndiqués signalent la présence d’une organisation syndicale dans leur entreprise. Ainsi, dans les entreprises comptant au moins une organisation syndicale, le taux de syndicalisation est de 16 %, et atteint même 23 % dans la fonction publique.

Pour autant l’implication semble plus importante dans le secteur privé puisque 60 % des salariés du secteur marchand ou associatif étant adhérent d’une organisation syndicale se disent « très actifs » contre seulement 39 % dans la fonction publique.

Les élections professionnelles

La présence de salariés syndiqués dans une entreprise engendre souvent une bien meilleure participation lors des élections professionnelles. Ainsi, alors que 40 % des salariés interrogés par la DARES déclarent avoir voté aux élections professionnelles précédant l’enquête, ils sont 79 % parmi les seuls syndiqués. La participation est donc presque deux fois plus importante chez les salariés syndiqués que chez les non syndiqués.

Les mobilisations collectives

Pour l’année 2013, 17 % des salariés interrogés par la DARES déclarent avoir connu dans leur établissement au moins un arrêt de travail pour cause de grève ou de débrayage au cours des 12 mois précédents l’enquête ; contre 36 % des salariés syndiqués

La grande majorité des salariés ayant connu un mouvement collectif dans leur entreprise (70%) travaillent dans un établissement de plus de 50 salariés.

Autres engagements associatifs ou citoyens

Selon les données collectées par la DARES, les salariés syndiqués sont plus nombreux que les non syndiqués à avoir des engagements associatifs tournés vers des causes dites collectives ou citoyennes. Les salariés syndiqués sont deux fois plus engagés dans des associations sociales, caritatives ou humanitaires ou des associations de « défense des droits et intérêts commun que les autres salariés (12 % contre 6 %).

Cet engagement dans la vie citoyenne se ressent également concernant les élections politiques où les salariés syndiqués sont plus nombreux à se déplacer pour voter mais également concernant le travail bénévole qui concerne 1/3 des salariés syndiqués (au moins une fois dans les 12 mois précédent l’enquête).

Baisse de l’engagement syndical

Grâce à la compilation de plusieurs enquêtes statistiques, la DARES a pu observer un infléchissement sensible aussi bien de l’adhésion que de la participation.

Concernant la participation, dans les années 1980 près de 50 % des salariés syndiqués déclaraient participer régulièrement à des activités syndicales alors qu’ils ne sont plus qu’environs 30 % aujourd’hui. Plus de 30 % déclaraient prendre part à ces activités « de temps en temps » contre à peine 20 % aujourd’hui.

La participation à des activités syndicales a certes connue un regain dans les années 2000, suite à l’adoption des lois Aubry I et II qui ont engendrées de nombreuses négociations dans les entreprises pour la mise en œuvre des 35 heures. Cependant, cette participation n’a depuis cessée de baisser. Ainsi, selon les données de la DARES, entre 2004 et 2013 la part des syndiqués déclarant ne jamais ou rarement participer aux activités syndicales est passée de 29 % à 51 %. Toujours selon la DARES, alors que 80 % des salariés syndiqués étaient avaient des relations avec leur syndicat plus ou moins régulières, ils ne sont plus que 48 % en 2013.

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Une adhésion de plus en plus tardive

Dans les années 1980, le taux de syndicalisation était certes faible chez les entrants dans la vie professionnelle mais augmentait rapidement pour atteindre son niveau le plus élevé chez les salariés ayant environs 30 ans. Dans ces années là, 11 % des salariés de 25-29 ans étaient syndiqués alors qu’ils ne sont plus que 3 % dans les années 1990. Pour la tranche d’âge 30-39 ans, ils étaient 3 fois plus syndiqués dans les années 1980 qu’en 2013. Aujourd’hui, les salariés les plus syndiqués sont ceux ayant plus de 50 ans.

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Retrouvez l’intégralité de l’étude menée par la DARES ici.

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Etude APEC : la transformation du rôle des cadres

 

A l’occasion des 50 ans de l’Apec, son observatoire de l’emploi a publié une enquête sur la transformation du rôle des cadres en entreprise.

La transformation numérique

La révolution numérique impacte très largement les cadres. Selon l’étude Apec, 76 % des cadres déclarent que dans leur entreprise, la transformation numérique est soit déjà achevée, soit en cours.

Cette transformation numérique impacte notamment l’organisation du travail. Ainsi, l’organisation en mode projet et les méthodes de travail collaboratives et participatives sont de plus en plus utilisées : 62 % des cadres affirment en faire l’expérience. Les retours sont d’ailleurs positifs puisque 86 % des cadres ayant expérimenté l’organisation en mode projet en sont contents.

Globalement, cet impact du numérique est perçu positivement par les cadres (pour 87 % des cadres et pour 95 % des RH). Loin d’être inquiets, ces cadres perçoivent la transformation numérique comme une « promesse d’efficacité » et un « surcroît de liberté » par rapport aux habituelles contraintes du temps et du lieu de travail. Ces cadres peuvent, grâce aux nouveaux outils, se concentrer sur le travail à valeur ajoutée.

Des craintes sont toutefois ressenties par environs 13 % des cadres qui décrivent une déshumanisation des relations de travail, une inflation des processus et une injonction à l’immédiateté. L’étude Apec apporte des précisions intéressantes sur ces craintes et les lie aux rapports entretenus par ces cadres avec les outils numériques. Ainsi, on apprend qu’une bonne part (36 %) des cadres exprimant la crainte du numérique sont aussi ceux qui expriment le sentiment de ne pas être à l’aise avec ces nouveaux outils, preuve est ainsi faite de l’importance de la formation dans le domaine. L’accompagnement de ces cadres dans l’acquisition de compétences numériques est donc indispensable.

Le rôle des cadres

Quel est le rôle des cadres alors que les organisations du travail sont bouleversées par la transformation numérique ? C’est la question à laquelle tente de répondre l’étude Apec. Selon elle, encadrement, autonomie, expertise, organisation, mobilisation, transmission et prise de décision restent des marqueurs forts du rôle des cadres dans l’entreprise.

L’encadrement est ainsi un critère prépondérant (sans être suffisant) puisque 67 % des cadres déclarent à l’Apec avoir une fonction d’encadrement. Plus généralement, 8 cadres sur 10 déclarent avoir des missions d’encadrement. Une donnée importante que révèle l’Apec est que sur ces cadres assurant une fonction d’encadrement, seuls 22 % d’entre eux ont suivi une formation sur le management. C’est trop peu pour la CFTC Cadres et cela peut expliquer certaines dérives dans le management en France.

L’expertise, la prise de décision et son application sont également un rôle majeur pour 8 cadres sur 10.

Enfin, concernant les défis auxquels doivent faire face les cadres, ceux-ci mentionnent prioritairement la polyvalence et l’apprentissage de nouveaux équilibres. L’exigence d’adaptabilité est également largement citée.

L’employabilité des cadres

L’employabilité d’un cadre dépend de certains critères primordiaux : son expertise dans son domaine de compétence, la qualité de son réseau et son expérience d’encadrement. Pour plus de 8 cadres sur 10 ces compétences sont des atouts importants voire essentiels.

D’après l’étude Apec, et contrairement aux idées reçues, la valeur des diplômes et le fait de travail  dans un environnement de travail international ont moins de valeur pour l’employabilité des cadres et ont tendance à être « surestimées ».

Selon les cadres interrogés, plusieurs axes peuvent leur permettre de développer leur employabilité. Il s’agit par exemple d’un accompagnement au développement personnel, qui est sollicité par 45 % des cadres voulant améliorer leur employabilité. 39 % déclarent avoir besoin d’une formation en management et au moins 36 % d’un bilan de compétence. Les RH ont une autre lecture des besoins des cadres en termes d’employabilité puisqu’ils privilégient, pour 54 % d’entre eux, la formation en management, devant les informations sur les évolutions métier et sectorielles (33 %) et le développement personnel (30 %).

Afin de développer leur employabilité, très peu de cadres se tournent vers les RH (seulement 1/3) de leur entreprise. Les cadres privilégient les membres de leur réseau professionnel voir leur manager direct ou des organismes de services spécialisés dans l’emploi et la formation des cadres tel que l’Apec.

Enfin, l’étude Apec relève le paradoxe concernant l’employabilité des cadres : si les moins de 35 ans sont particulièrement confiants dans leur capacité à retrouver un emploi s’ils étaient amenés à quitter leur entreprise, 84 % des cadres de plus de 50 ans estiment qu’il sera difficile pour eux de retrouver un emploi convenable.

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Journal Cadres CFTC n°148 – 1er trimestre 2017

2. Renseignements

3. Edito
4. Optimisation fiscale
6. Résultats élections TPE
CONGRES CFTC CADRES
7. Remerciements – modifications des Statuts
8. Rétrospective photos
11. Intervention P. Louis
12. Trombinoscope Bureau/Conseil
14. APEC : intervention B. Hebert
16. AGIRC : intervention FX. Selleret
18. Intervention B. Ibal
20. Calendrier social
22. La motion d’orientation en BD
23. Calendrier formations