Avec la pandémie, la dépression guette les salariés

Le baromètre de l’état de la santé psychologique des salariés français, établi par le Cabinet Empreinte Humaine et l’institut OpinionWay a de quoi nous inquiéter : le taux de dépression nécessitant un traitement chez les salariés explose passant de 21 % à 36 % des salariés sondés (+ 15 points).

Cette détresse psychologique impacte particulièrement les jeunes salariés âgés de moins de 29 ans : 62 % se jugent impactés et 39 % redoutent une dépression. Outre les jeunes, les télétravailleurs sont également très concernés : 49 % se disent en détresse psychologique contre 43 % pour les salariés travaillant uniquement sur site.

Comme nous l’avons souvent souligné, le télétravail peut faire ressortir des inégalités qui n’existaient pas au « bureau ». La taille du lieu d’habitation va ainsi jouer un rôle déterminant et le baromètre le montre bien : les télétravailleurs habitant dans une habitation de moins de 40m² sont 75 % à se dire en détresse psychologique. Les femmes semblent également durement affectées puisque 53 % de celles interrogées se disent en détresse psychologique contre 38 % pour les hommes. Pour faire face, elles sont de plus en plus nombreuses à envisager un passage à temps partiel. Enfin, les managers, qui ont vu leurs pratiques totalement bouleversées, sont 48 % à se dire en détresse psychologique, en raison notamment d’un sentiment d’isolement et de difficultés à manager à distance. Plus de 6 managers sur 10 indiquent manquer de moments informels avec leurs équipes.

 

Covid-19 : quels rôles ont à jouer les services de santé au travail

 

 

 

 

 

 

Les services de santé au travail participent à la lutte contre la propagation du virus notamment par :

  • la diffusion, à l’attention des employeurs et des salariés, de messages de prévention contre le risque de contagion ;
  • l’appui aux entreprises dans la définition et la mise en œuvre des mesures de prévention et dans l’adaptation de leur organisation de travail aux effets de la crise sanitaire ;
  • la participation aux actions de dépistage et de vaccination.

Par exemple depuis fin octobre 2020, les entreprises peuvent proposer aux salariés volontaires un dépistage de la Covid-19 en cas de doute sur leur statut virologique et dès l’apparition de symptômes évocateurs. Depuis un décret du 13 janvier dernier, les médecins du travail et d’autres professionnels de santé des services de santé au travail (médecin du travail ou sous sa supervision, le collaborateur médecin, l’interne en médecine du travail ou l’infirmier de santé au travail) peuvent réaliser des tests PCR ou antigéniques.

Les médecins du travail peuvent également prescrire ou renouveler un arrêt de travail en cas d’infection ou de suspicion d’infection à la Covid-19 et établir un certificat médical pour les salariés vulnérables présentant un risque de développer une forme grave d’infection au virus, en vue de leur placement en activité partielle.

Concernant la vaccination, la ministre du Travail s’est  dite favorable à ce que les entreprises jouent un rôle dans la stratégie vaccinale. Les services de santé au travail peuvent, depuis le 25 février, administrer le vaccin aux salariés volontaires et éligibles (priorisation des publics cibles). Le rendez-vous vaccinal n’engendre aucune charge financière supplémentaire pour l’employeur et les vaccins sont fournis gratuitement par l’État. Ainsi, les services de santé au travail mettent leurs ressources humaines et logistiques au service de la campagne vaccinale.

Covid-19 : peut-on se faire vacciner en entreprise ?

Depuis le 25 février, il est possible pour les salariés volontaires et éligibles (public cible prioritaire) de se faire vacciner en entreprise. En effet, les médecins du travail sont désormais habilités à administrer le vaccin AstraZeneca contre la Covid-19 aux salariés de 50 à 64 ans présentant des comorbidités. L’avis favorable de l’Agence européenne des médicaments en date du 18 mars était d’ailleurs, dans ce contexte, très attendu. En plus du protocole pour la vaccination par les médecins du travail publié en février dernier, le ministère du Travail vient de mettra à jour son très utile questions-réponses sur la mise en œuvre de la stratégie vaccinale par les services de santé au travail.

Aussi faut-il retenir qu’à partir du moment où le salarié choisit de passer par son service de santé au travail pour se faire vacciner, il sera évidemment autorisé à s’absenter sur ses heures de service, sans qu’aucun arrêt de travail (et donc de consultation) ne soit requis. Il convient simplement pour tout salarié souhaitant se faire vacciner, d’informer son employeur de son absence (absence pour visite médicale, sans avoir à en préciser le motif) et l’employeur ne peut s’y opposer. A l’inverse, si vous décidez de vous faire vacciner sur vos heures de travail, non pas auprès d’un service de santé au travail, mais dans un centre de vaccination ou chez votre médecin traitant, il n’existe pas d’autorisation d’absence de droit.

Le rendez-vous vaccinal étant couvert par la cotisation annuelle versée au service de santé au travail, il n’entraîne aucune charge financière pour l’employeur ou le salarié. L’Etat prend en charge le coût des vaccins et les services de santé au travail mettent à disposition leurs ressources en termes de professionnels de santé et de logistique.

A noter qu’il est toujours possible pour un salarié de refuser d’être vacciné, sans que cela n’emporte aucune conséquence. La vaccination professionnelle est très encadrée, notamment par l’article L. 3111-4 du Code de la santé publique qui définit le caractère obligatoire ou simplement recommandé d’une vaccination professionnelle. S’agissant de la Covid-19, le caractère obligatoire n’a pas été retenu. L’employeur ne peut donc exiger d’un salarié qu’il soit couvert par une vaccination recommandée et ne doit de toutes les façons en aucun cas être destinataire d’une quelconque information sur le statut vaccinal de ses salariés (acceptation ou refus).

A noter enfin qu’en cas d’effets secondaires importants, c’est l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam) qui assurera la réparation intégrale (et non pas la branche accidents du travail et maladies professionnelles), faisant ainsi reposer l’indemnisation sur la solidarité nationale.